Dans le paysage cycliste ibérique, certaines ascensions résonnent avec une aura particulière. La montée vers Montserrat, en Catalogne, en fait partie. Véritable forteresse rocheuse, ce massif, célèbre pour son monastère accroché aux falaises, a régulièrement servi de décor au Tour de Catalogne. Bien qu’elle n’ait jamais été un juge de paix comparable aux grands cols pyrénéens, son profil exigeant, son cadre unique et son histoire liée aux courses espagnoles en font une ascension à part. Une montée où le combat se joue autant contre la pente que dans l’intensité dramatique qu’inspirent ses falaises déchiquetées.


Montée de Montserrat, une ascension atypique entre nature et spiritualité
Située à une soixantaine de kilomètres de Barcelone, Montserrat est un massif à la silhouette inimitable, composé de formations rocheuses sculptées par le temps, dominant la plaine du Llobregat. Son ascension à vélo n’a rien d’un long col pyrénéen, mais c’est un effort explosif, idéal pour dynamiter une course. Depuis Monistrol de Montserrat, l’ascension mesure 8 kilomètres pour une pente moyenne de 7%, avec des passages flirtant avec les 11%. Un début intense qui met immédiatement les jambes à rude épreuve, avant une section plus roulante permettant de souffler légèrement. Mais les choses se corsent à nouveau sur les deux derniers kilomètres, où la pente se redresse et où le vent, souvent capricieux dans cette zone dégagée, peut peser sur l’effort.
La route, large et bien asphaltée, serpente à travers une végétation méditerranéenne, avec des vues plongeantes sur la vallée. Puis, à mesure que l’on approche du sommet, la montagne impose son caractère mystique : les murs rocheux se referment, créant une atmosphère saisissante, unique en Espagne. Le final se joue devant l’entrée du célèbre monastère de Montserrat, un lieu de pèlerinage autant religieux que cycliste.
Un lieu de course et d’histoire

Si Montserrat est surtout connue pour son monastère et son attrait touristique, elle a aussi marqué l’histoire du cyclisme espagnol. Le Tour de Catalogne, créé en 1911, y a déjà proposé des arrivées d’étape en 1960 et 1995, et Montserrat fera son retour comme site d’arrivée en 2025, à l’occasion du millénaire du monastère. Une symbolique forte pour une ascension qui n’a jamais été un juge de paix, mais un terrain parfait pour dynamiter une course avant l’arrivée.
En revanche, la Vuelta a España n’a jamais intégré Montserrat comme arrivée d’étape, bien que la région catalane soit régulièrement traversée par l’épreuve. C’est donc bien dans le Tour de Catalogne que cette montée a trouvé sa place, en tant que juge de paix potentiel lors d’étapes accidentées.
Un terrain de jeu pour puncheurs et grimpeurs

La montée vers Montserrat n’est ni la plus longue, ni la plus raide d’Espagne, mais son profil irrégulier, son final spectaculaire et son importance stratégique en course en font une ascension redoutable. Un terrain de jeu parfait pour les puncheurs-grimpeurs, capables d’exploser le peloton avant une descente technique ou une arrivée nerveuse.
Dans le cadre du Tour de Catalogne, elle s’intègre parfaitement dans des étapes escarpées, où le vent et l’usure peuvent peser sur la course. Et même pour les cyclistes amateurs, la montée de Montserrat vaut largement l’effort : c’est un mélange parfait entre défi physique, paysages saisissants et une atmosphère unique, entre sport et spiritualité. Une ascension à part, où chaque coup de pédale rapproche un peu plus du ciel catalan.
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