Lukas Kubis (Unibet Tietema Rockets) : « Concentré à 100 % sur Paris-Roubaix 2025 »
- Thibaud Chambre
- il y a 3 jours
- 7 min de lecture
Auteur de plusieurs top 10 sur des classiques flandriennes pour sa première saison pro, le Slovaque Lukas Kubis nous a accordé une interview. Le pensionnaire de la Unibet Tietema Rockets nous parle de sa relation avec l’équipe désormais sous pavillon français et des raisons de sa prolongation de contrat.

Lukas Kubis (Unibet Tietema Rockets) : « Concentré à 100 % sur Paris-Roubaix 2025 »
Le Slovaque Lukas Kubis est l'une des révélations du début de saison et porte haut les couleurs de Unibet Tietema Rockets, aujourd'hui sous licence française.
Premièrement, comment vous sentez-vous après ce très bon début de saison ?
C’est parfait, parce que c’est ma première saison avec les professionnels et nous avons vraiment réussi de belles choses en équipe jusqu’à maintenant. C’est parfait, pas seulement pour moi, c’est parfait pour toute l’équipe. Nous pouvons être très fiers de cela.
Avant cela, vous aviez montré de très bons résultats au cours des dernières années à l’échelon continental. Comment avez-vous travaillé pour atteindre ce niveau qui est le votre actuellement ?
Ça n’a pas été de grands changements dans le processus d’entrainement. Par contre, la distance moyenne des courses est de 200 kilomètres donc quatre heures de vélo ; tandis que le niveau continental est plus proche des trois heures. Donc la plus grande différence pour moi ou plutôt la plus grande avancée a été d’être là après quatre heures de course et plus. L’année dernière à Zurich, c’était sept heures. Les Jeux Olympiques ont aussi été courus sur sept heures. Clairement, le plus gros changement pour moi a été la distance des courses. Juste ça. Le processus d’entrainement n’a pas changé.
Vous avez montré un certain caractère de ce que l’on a pu voir des interviews ou vidéos d’après-course. Vous semblez être un éternel insatisfait, même après de grands résultats. Êtes-vous d’accord avec ce constat ?
Clairement, je suis d’accord. C’est vrai, tous les gars dans l’équipe le savent très bien maintenant. Comme vous l’avez dit, ce sont des bons résultats. Mais si vous visez l’excellence, vous voulez toujours être meilleur. Si vous voulez être sur le podium, vous voulez être sur la plus haute marche. Je pense que pour un cycliste, c’est la voie que l’on doit prendre. Seule la victoire compte, pour sûr je veux être meilleur.
Vous avez commencé le cyclisme sur le tard, à l’âge de 16 ans, et vous montrez dès à présent des qualités exceptionnelles pour vous imposer et vous positionnez vous-mêmes dans le peloton. C’est un talent inné ou cela vient-il de vos premiers pas en VTT ?
Oui, qui sait ? Peut-être que oui, ce sont évidemment certaines compétences que j’ai acquise en VTT et cyclo-cross. Parce que quand j’ai commencé le cyclisme en juniors, j’ai pris le cyclisme dans son ensemble en prenant part aussi au cross-country, à la piste, au cyclo-cross et à la route. J’en ai fait beaucoup quand j’étais enfant. Pour un jeune, c’est la meilleure des façons d’apprécier le cyclisme et de s’amuser en faisant du vélo. Pour moi, c’était parfait. Comme vous avez dit, cela vient peut-être de là. Mais aussi, comme vous le savez, si vous voulez être acteur de la course, vous ne pouvez être en queue de peloton. Vous devez être à l’avant, si vous voulez faire ce que vous voulez ou ne pas vous faire surprendre par les attaques. Vous devez voir la course. Je peux le dire comme ça, vous devez faire la course et c’est le plus important. Parce que si vous voulez gagner, vous devez être à l’avant. Si vous n’y êtes pas, vous ne pouvez pas gagner. C’est ainsi.
Vous savez vous positionner, vous êtes rapide. Quelles sont vos qualités en tant que coureur ? Peut-être que certains vont le découvrir, mais vous savez grimper. Quelle est votre limite sur les efforts ascendants ?
C’est une question difficile. Je ne sais pas, cela dépend. Quand je suis en condition, tout est plus facile. Donc si je suis en forme, je peux être performant dans les contre-la-montre. Je peux grimper. Si je ne suis pas en forme, tout est difficile. Le cyclisme est un sport difficile quand vous n’êtes pas en condition.
"En venant de Slovaquie, je pense que ce n’est pas trop difficile de deviner qui est mon idole (rires)"
On peut dire que vous vous rapprochez d’un profil à la Peter Sagan ou d’un coureur actuel comme Magnus Cort Nielsen.
Oui, oui, Peter était le niveau suprême. Pas seulement pour moi, mais pour l’ensemble du peloton. C’est vraiment difficile de se comparer à un coureur comme lui. Il était la superstar de son époque. Il n’était pas qu’un sprinteur. Il était aussi un coureur de classiques super fort. Comme vous avez vu dans les dernières courses qui me convenaient très bien, avec des bosses assez courtes, j’ai été très content de la façon dont j’ai couru et des résultats que j’ai obtenus.
Quand vous étiez jeune, quel était votre idole ?
En venant de Slovaquie, je pense que ce n’est pas trop difficile à deviner (rires). Vous savez, quand vous l’avez en face de vous… Parce que quand j’ai commencé le cyclisme, il y avait ce premier événement en Slovaquie (le premier titre de champion du monde de Peter Sagan) et j’ai commencé le vélo à ce moment. Donc je ne peux dire que merci à Peter, parce qu’il a commencé ma carrière de cycliste.
Si nous parlons de votre équipe, vous avez intégré une ambitieuse Pro Team et vous avez la chance de participer à des courses en World Tour. Quelle a été la raison qui vous a poussé à intégrer Unibet Tietema Rockets ?
Parce que ça faisait sens pour moi. Je suis un coureur de classiques, c’est donc mieux pour moi de participer à des courses en Belgique ou autour. Parce que le vrai cyclisme est dans cette zone. C’est la raison de ce choix. Les plus grandes classiques sont en France avec Roubaix, en Belgique ou aux Pays-Bas. Je voulais être là, et quand ils m'ont contacté ça n’a pas été difficile de dire « allez, on y va ». Parce que l’objectif principal était de faire ces courses, c’était bon pour moi. Donc il a été facile de dire « ok, allons-y ensemble ».

Avec vos résultats impressionnants, vous avez été forcément courtisé par les équipes majeures du World Tour. Qu’est-ce qui vous a pourtant poussé à étendre votre contrat pour deux nouvelles années avec l’équipe ?
Vous savez, l’osmose avec l’équipe est parfaite. Nous avons un super groupe. Je suis super fier de ces gars. Ce n’est pas seulement moi qui atteint les objectifs, on le fait tous ensemble. Si nous grandissons, nous grandissons ensemble. Je suis super fier de ça, et très content de faire partie de ce projet. Comme je l’ai dit, nous rêvons grand et nous voulons aller le plus haut possible. C’est donc facile.
"Bas est un gars super cool. Quand ils m’ont contacté, j’ai commencé à parler avec lui en premier. Et à partir de ce moment, nous sommes devenus de bons amis."
L’équipe est assez unique dans son positionnement et son histoire. Que pensez-vous de cela ? Qu’est-ce qui le rend si unique au quotidien ?
Comme vous savez, ils ont commencé en tant que Youtubers. Ils ont commencé avec leur caméra et leurs pizzas au Tour de France. Et pour moi, c’était si bien de voir comment les équipes travaillaient. Je suis cycliste, c’était assez facile de voir l’envers du décor. Mais pour ceux de l’extérieur, c’était super excitant de voir les détails. Comment nous faisons nos affaires, comment nous préparons nos sorties, les massages, etc. Pour moi c'est excitant et pour eux, je ne peux pas imaginer. Et je pense que c'est là que nous sommes différents. Si vous voulez être bon, vous devez être différent. C’est comme ça que je vois les choses.
Parlez nous un peu plus de votre relation avec Bas Tietema.
Bas est un gars super cool. Quand ils m’ont contacté, j’ai commencé à parler avec lui en premier. Et à partir de ce moment, nous sommes devenus de bons amis. Et c’est le plus important, quand vous vous sentez bien dans votre entreprise ou n'importe où, vous voulez y restez. C’est ainsi.
Quels sont vos prochains objectifs sur les prochaines courses ?
Pour moi, les prochaines courses seront la Volta (NXT Classic) et Paris-Roubaix. La Volta sera le dernier test. Un peu différent, parce qu’il n’y a pas de pavés, ou peut-être des pavés seulement dans le final. Mais des efforts assez semblables, parce qu’il y a beaucoup de montées courtes, vous devez faire des efforts qui se rapprochent des efforts des pavés de Paris-Roubaix. J’attends vraiment avec impatience cette dernière parce que ce sera le grand rendez-vous du printemps. Je suis concentré à 100 % sur Paris-Roubaix.
Et quel y sera l’objectif ?
Être au sommet de ma forme et faire du mieux que je peux à ce moment. Si je fais du mieux que j’ai pu et que je suis content au final, nous verrons quel résultat j’en tirerai. Tout ce que je veux faire, c’est faire de mon mieux. Et si je fais du mieux que j’ai pu, je serai heureux.
La présence de Tadej Pogacar change beaucoup de choses, dont la façon dont son équipe va rouler. Quelle stratégie allez-vous adopter : rester le plus longtemps dans le peloton ou profiter d’une échappée au long court, et pourquoi pas chercher un Top 10 ou mieux ?
Nous verrons comment la course va se dérouler. Nous avons toujours des coureurs qui s’ajoutent à la liste de départ, d’autres qui sont retirés. C’est toujours différent. Nous verrons une semaine avant la course. Je ne peux rien dire à ce sujet, parce que je ne sais pas. Parce que la dernière réunion aura lieu deux jours avant Paris-Roubaix, donc nous verrons à ce moment quel est le plan de la course et tout ce qui l’entoure.
Et pour les autres courses, quelles sont celles auxquelles vous voulez prendre part cette année ?
Je ne sais pas vraiment, parce que je ne sais pas encore les courses que nous allons faire [il devrait participer à l’Amstel Gold Race le 20 avril, où l’équipe est invitée une 2e année de suite, ndlr]. Après Roubaix, je ferai une coupure et nous parlerons de la seconde partie de ma saison à ce moment. Je regarde attentivement le Tour de Slovaquie, parce que c’est la course à la maison. C’est toujours un plaisir de courir dans votre pays. Je ne sais pas quelle course nous ferons, nous verrons cela en temps voulu.
Et si vous deviez choisir une course à avoir à votre palmarès à la fin de votre carrière, laquelle choisiriez-vous ?
Vous savez, la plus grande course du monde, et c’est le Tour de France. Quand j’étais gamin, c’était mon rêve. C’est toujours un rêve, mais pas seulement le mien, celui de l’équipe aussi. Nous voulons y aller en tant qu’équipe, et c’est le plus grand rêve de l’équipe. Si vous êtes là, vous voulez faire quelque chose. Vous voulez être dans la cour des grands, faut y aller à fond.
Et depuis que l’équipe ne cesse de monter, vous pouvez être la pièce maitresse de ce projet.
Je l’espère vraiment.
Merci, Lukas, de votre disponibilité et bonne chance pour les 1000 cakes (Mattentaartjes)
Merci (rires), ça en fera beaucoup (rires).
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